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Le Parti de Gauche Carcassonnais
Tel ex allemand de l’est, interrogeant les archives, s’aperçoit qu’il a été épié, dénoncé par son père, son frère. C’est cela la dictature, lorsque la surveillance et la délation s’effectuent jusqu’à l’intime, organisées et maillées par l’Etat. C’est en conséquence, être interpellé, interrogé, condamné par un tribunal à la botte, puis embastillé.
Pour cela il faut des lois. Une dictature ne dédaigne pas les lois. Bien au contraire. Il lui suffit de les élaborer pour sa nécessité. Ainsi agit-elle dans la légalité qu’elle se donne.
Tous ici, mais aussi ailleurs dans le monde, nous pouvons faire l’inventaire des lois qui restreignent les libertés dans tous les domaines, des lois qui mettent à l’index telle ou telle catégorie de population,…Faisons cet exercice afin que nul, plus tard, trop tard, ne puisse tenir l’argument « On ne savait pas ».
Une dictature n’a pas forcément d’apparence idéologique au sens usuel du terme car il est des idéologies que l’habitude ne reconnaît pas encore et qui cependant en sont. Que penser du néolibéralisme, de la manière dont il s’installe ? Quel est son dessein ? Que penser du TCE accouché aux forceps en France, Irlande, …
Vraisemblablement faut-il appeler dictature cette forme de gouvernement qui régule de manière liberticide car les citoyens (depuis 1789 en France) attendent de l’Etat qu’il ouvre aux libertés (et à l’exercice de la démocratie pleine et entière) et non qu’il ferme à celles-ci.
La dictature ne procède pas nécessairement du coup de force. Elle peut-être administrée à dose homéopathique jusqu’à ce que chacun, anesthésié, s’endorme en douceur. Contrairement à l’usage qui brutalise et conduit à la révolte, est mise en musique une pédagogie sécuritaire qui amène à l’autocratie, une argumentation qui donne à avaler le poison. Ainsi ne se rebelle-t-on pas mais souscrit-on progressivement à la perte des libertés en adhérant à un totalitarisme consensuel. Nul besoin de l’endoctrinement à l’ancienne, le marketing suffit.
Une dictature procède de la déliquescence programmée d’une société : disparition du lien social, célébration de l’individualisme, des valeurs marchandes, mise à l’encan des libertés accusées de tous les maux au profit du sécuritaire soi-disant bienfaiteur. La dictature n’éduque pas, ne panse pas, elle réprime.
La mesure de l’état de dictature n’est pas seulement l’affaire de la conscience individuelle et subjective que l’on en a, elle est aussi et surtout la prise en compte objective des dispositifs que l’Etat met en œuvre pour contraindre et donner à obéir, de gré aux uns, de force aux autres. Les moyens actuels de flicage, toujours plus nombreux, sont d’une efficacité bien plus redoutable que ne l’étaient ceux de la Stasi qu’a subi l’ex allemand de l’est évoqué plus haut, d’autant plus efficaces que les états s’interconnectent sans le consentement des peuples et tissent une toile à l’échelle mondiale à laquelle personne ne pourra plus échapper.
Il n’est pour lutter contre les dictatures que la vigilance de tous, le refus de chacun de se laisser contraindre. Il n’est que d’obliger les élus à s’opposer à toutes les restrictions faites aux droits inaliénables du peuple et des citoyens. Et le premier d’entre eux : le droit à la liberté.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il ne faut guère attendre des plus éclairés (ou réputés tels) de nos intellectuels pour nous alerter de la dictature rampante. L’histoire l’a montré, être averti ou intelligent, ne suppose pas la conscience morale accolée.
Les états, aux divers prétextes, installent une dictature douce, rampante, ainsi acceptée. La dictature moderne est d’autant plus dangereuse qu’elle procède de victimes consentantes, préparées à cet effet. Elle émerge par des moyens d’apparence démocratique.
Les puristes réfutent le terme de dictature préférant l’expression société globale sécurisée ou Etat sécuritaire. Ils s’attachent à la forme pas au fond.
A lire : Une société de surveillance ? Auteur : Ligue des Droits de l’Homme.
Daniel Razzo
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