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Le Parti de Gauche Carcassonnais
Le rôle du citoyen
« …On l’a vu, la démocratie, est un état d’esprit et un mode de vie faits, avant tout, d’un intérêt essentiel pour le destin de la communauté à laquelle on appartient, de la volonté d’y être intégré à tous les niveaux, ceux de la compréhension, de la décision et de l’action, du sentiment qu’une vie humaine sera toujours amputée si elle reste bornée à un horizon individuel, de la conviction que ce monde appelle plus de raison et de justice et qu’il faut lutter pour les faire triompher. Tel est l’esprit civique que Montesquieu appelait vertu ou amour de la République, c'est-à-dire, de la chose publique.
Dès lors que le citoyen entend ne pas rester replié sur sa vie privée, il est prêt à accepter des disciplines, à consacrer son temps et sa peine à une œuvre désintéressée, peut-être ingrate et austère, son activité, à y sacrifier des heures prises sur le loisir et le repos. Mais la participation vraie, la pratique d’une responsabilité, l’expérience d’une action exercée sur les autres, la réussite d’une entreprise commune, la victoire sur les forces adverses constituent, dès aujourd’hui, autant d’affirmation de soi et apportent à celui qui s’y est donné, la satisfaction de se savoir utile à la collectivité.
L’esprit civique se manifeste dans les nouvelles générations. Car si les déceptions accumulées et les illusions perdues ont détourné beaucoup de jeunes de jeux qui leur paraissent dépassés et biseautés, on les voit s’intéresser de plus en plus aux faits, aux actions, aux travaux concrets, ce de ce pays comme ceux du monde extérieur. Ils se passionnent pour les problèmes d’aménagement, d’organisation de leur quartier, de leur ville, pour les activités culturelles, sociales, syndicales, professionnelles, comme pour la situation des pays sous-développés ou de ceux qui sont assujettis à des dictatures militaires ou fascistes. Ils ne peuvent pas laisser à d’autres le soin de décider des affaires communes et du sort commun. Ils montrent souvent l’exemple.
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Mais le plus grand péril que court toujours une démocratie et le gouvernement du peuple par le peuple, c’est dans la négligence des citoyens qu’il réside. Car eux seuls peuvent les faire vivre dans une action incessante ou les laisser s’affaiblir, par leur indifférence et leur inertie. La politique appartient à tous et elle n’est pas la chose de ceux seuls qui s’y consacrent entièrement ; tous doivent s’en souvenir à chaque instant. Il y a des gens qui refusent de prendre leurs responsabilités, de participer aux débats et aux batailles. Ils se dérobent au paiement de la dette qu’ils ont contractée à l’égard de la collectivité ; car la société dont ils profitent, ce qu’ils sont, ce qu’ils ont, ils le doivent aux contributions innombrables de ceux qui parmi lesquels ils vivent. En ce sens, ils sont des débiteurs et cela est vrai, pour les moins favorisés eux-mêmes.
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